Emerging hydration science
Armstrong et al, 2012 et Ganio et al, 2011 – La déshydratation légère, source de troubles de l’humeur chez les jeunes femmes saines et La déshydratation légère affecte les performances cognitives et l’humeur chez les hommes
Ganio, M.S., Armstrong, L.E., Casa, D.J., McDermott, B.P., Lee, E.C., Yamamoto, L.M., Marzano, S., Lopez, R.M., Jimenez, L., Le Bellego, L., Chevillotte, E., and Lieberman, H.R. (2011) Mild dehydration impairs cognitive performance and mood of men. British Journal of Nutrition 106(10),1535-1543, 2011.
Armstrong, L.E., Ganio, M.S., Casa, D.J., Lee, E.C., McDermott, B.P., Klau, J.F., Jimenez, L., Le Bellego, L., Chevillotte, E., Lieberman, H.R. Mild dehydration affects mood in healthy young women. Journal of Nutrition, vol. 142 no. 2, 382-388, February 1, 2012.
Introduction
Il est notoire que la garantie d’un niveau d’hydratation adapté joue un rôle essentiel dans l’état de santé général, et notamment dans le maintien de la fonction cérébrale. Les recherches scientifiques sur la déshydratation provoquée par une forte chaleur et l’activité physique ont montré que les fonctions cognitives sont largement affectées en cas de déshydratation sévère.
Deux études de grande envergure et soigneusement conçues ont récemment été menées à l’Université du Connecticut aux États-Unis pour examiner les effets d’une déshydratation légère sur les fonctions cognitives de sujets sains. Pour mesurer les fonctions mentales, les chercheurs ont eu recours à des tests d’évaluation des performances cognitives, de l’humeur et des symptômes de la déshydratation. Une première étude a été menée sur 26 hommes, une autre sur 25 femmes. Basés sur des procédures de travail identiques, les deux études ont permis d’étudier les effets d’une déshydratation légère sur les fonctions cognitives. Hommes et femmes ont été mis dans deux situations de déshydratation légère et dans une situation d’hydratation totale. Les trois cas de figure ont pu être directement comparés à l’aide de procédures statistiques standards. Pour évaluer le niveau de déshydratation, la masse corporelle a été mesurée à l’aide de balances spéciales de très grande précision. En moyenne, le taux de déshydratation chez les hommes a été de 1,59% et chez les femmes de 1,36%. La plupart des adultes ont atteint ce niveau de déshydratation une ou plusieurs fois au cours d’une semaine.
Principales conclusions
Les résultats ont montré qu’une déshydratation légère affectait négativement l’humeur et la capacité à se concentrer aussi bien chez les hommes que chez les femmes. En situation de déshydratation légère, hommes et femmes étaient plus enclins à se sentir fatigués et leurs performances cognitives s’en trouvaient diminuées, en particulier la vigilance. Les hommes avaient davantage tendance à présenter des symptômes de dégradation de la mémoire à court-terme, mais globalement, les femmes étaient plus sensibles à la déshydratation que les hommes. Les femmes par exemple se plaignaient plus souvent de maux de tête, de fatigue, confusion et manque d’énergie. En situation de déshydratation, les femmes trouvaient également plus difficile de pratiquer une activité physique d’intensité modérée.
Pertinence pour une hydratation saine
Ces études apportent une meilleure compréhension des effets de la déshydratation légère sur les fonctions cognitives des hommes et des femmes et présentent par ailleurs de nombreuses applications pratiques. Elles démontrent également l’importance de maintenir un niveau optimal d’hydratation pendant les activités quotidiennes normales et pendant la pratique modérée d’une activité physique. Hommes et femmes seront plus performants et se sentiront mieux s’ils maintiennent une hydratation totale à travers l’absorption régulière d’eau. De plus, les populations vulnérables, telles que les personnes âgées et les enfants, peuvent se montrer plus sensibles aux effets négatifs de la déshydratation sur l’humeur et les performances cognitives.
Tang C, Zelenak C et al, 2011 – Expression des gènes dans le cerveau sensible à la hydratation
Justification théorique
La déshydratation influence profondément la performance mentale, l’excitabilité neuronale et probablement la survie des neurones. Les mécanismes moléculaires neuronaux de la sensibilité à la déshydratation restent cependant incomplètement compris. La présente étude s’est intéressée à l’effet du manque d’eau sur l’expression de gène dans le cerveau. À cette fin, des souris ont été empêchées de boire de l’eau pendant 24 heures et l’expression de gène neuronal a été déterminée par une technologie de puces à ADN avec une confirmation ultérieure par PCR RT et en partie par Western blot.
Constatations-clés
Le manque d’eau a été suivi par des altérations de l’expression des gènes cérébraux. En particulier, la déshydratation a surrégulé les niveaux de transcription de la clathrine (polypeptide léger LcB), de la kinase 1 régulée par le sérum et les glucocorticoïdes (SGK) et de la protéine kinase A anchor protein 8-like (PRKA). Le manque d’eau a conduit à la sous-régulation de la janus kinase et des protéine 1 interagissant avec les microtubules, de la protéine 4 domaines PAS neuronal, de la thrombomoduline, du gène 13 récepteur purinergique P2Y couplé à la protéine G, de la protéine beta 1 de jonction communicante (ou gap junction), de la neurotrophine 3, de la protéine 1 liant l’hyaluronane et la protéoglycane, du récepteur 19 couplé à la protéine G, de l’antigène CD93, du forkhead box P1, du suppresseur de la cytokine de signalement 3, de l’apeline, de la GTPase de la famille M lié à l’immunité, du membre 1a du clade H inhibiteur de la peptidase de la sérine (ou cystéine), du membre 1 du clade H inhibiteur de la peptidase de la sérine (ou cystéine), de la glutathion peroxydase (putatif), de l’homologue du gène suppresseur de tumeur de drosophile discs large associé à la protéine 1, du zinc finger et BTB domain containing 3 et des variantes de la famille des histones H2A. En conclusion, le manque d’eau influence la transcription d’une grande variété de gènes dans le cerveau, laquelle pourrait participer à l’orchestration des réponses cérébrales au manque d’eau.
Pertinence pour d’une hydratation saine
Les observations donnent une idée générale des conséquences moléculaires d’une hydratation insuffisante. Elles aident à comprendre comment une hydratation insuffisante pourrait influencer les performances mentales, l’excitabilité neuronale et les possibilités de survie des neurones. Une influence sur la survie neuronale aura des effets durables sur la santé mentale. Des études ultérieures sont nécessaires pour combler les lacunes dans la connaissance de la phénoménologie de l’interaction entre l’état d’hydratation et le fonctionnement cérébral.
de La Guéronnière et al, 2011 – Le fait d’augmenter l’apport quotidien en eau réduit le risque de développer des calculs rénaux, mesuré par l’Indice de Risque de Cristallisation
de La Guéronnière V, Le Bellego L, Jimenez IB, Dohein O, Tack I, Daudon M, Arch Ital Urol Androl. 2011;83(1):43-50.
Introduction
Les calculs rénaux touchent environ 10% de la population et le risque augmente dans beaucoup de pays. Les frais médicaux qui en résultent sont très élevés et connaissent une augmentation parallèle. Dans la plupart des cas, la prévention des calculs rénaux consiste en quelques conseils diététiques. Il a été constaté qu’un apport suffisant en eau – se traduisant par au moins 2 litres d’urine par jour – dilue l’urine et diminue le risque de formation de calculs rénaux. Le but de cette étude était donc de mesurer les effets d’un apport en eau supplémentaire de 2 litres par jour sur l’indice de risque de formation des calculs rénaux, appelé indice de risque de cristallisation. Quarante-huit volontaires ont ainsi été divisés en deux groupes, le groupe de contrôle et le groupe expérimental. Sur une période d’observation de référence, le groupe expérimental a bu deux litres supplémentaires d’eau par jour, tandis que le groupe de contrôle n’a rien changé à ses habitudes en matière d’hydratation. Les résultats des deux groupes ont été comparés à la fin de l’étude.
Principales conclusions
Par rapport au groupe de contrôle, l’indice de risque de cristallisation a diminué de manière significative chez le groupe expérimental qui a consommé une quantité supplémentaire d’eau. Chez le groupe expérimental, l’apport supplémentaire en eau n’était en absolu que de 1,3 litre par jour, dans la mesure où les volontaires ont réduit leur consommation de liquides habituelle.
Intérêt pour la santé
Cette étude montre que le fait d’augmenter l’apport quotidien en eau de 1,3 litre – et par conséquent le volume des urines – réduit l’indice de risque de cristallisation et par conséquent le risque de calculs rénaux.
Kavouras et al, 2011 – Action éducative pour améliorer la consommation d’eau et la performance physique chez de jeunes sportifs
Kavouras SA, Arnaoutis G, Makrillos M, Garagouni C, Nikolaou E, Chira O, Ellinikaki E, Sidossis LS. Scand J Med Sci Sports. 2011
Introduction
Il a été établi qu’un pourcentage élevé de sportifs, aussi bien amateurs que professionnels, commencent leur entraînement et/ou leur compétition mal hydratés. De plus, même dans des conditions optimales, lorsque de l’eau et/ou des boissons énergétiques sont disponibles, les sportifs de tout âge ont tendance à se déshydrater pendant l’activité. Le but de notre étude était donc d’enquêter sur l’effet d’un programme d’intervention sur les questions de nutrition mettant l’accent sur l’importance de la consommation d’eau pour la prévention de la déshydratation et les performances physiques chez les jeunes sportifs. Un total de 92 jeunes sportifs pratiquant le volley-ball et le basket ont ainsi participé à un camp d’entraînement de cinq jours, répartis en deux groupes, un groupe de contrôle (CON) et un groupe d’intervention (INT).
Principales conclusions
Plus de 90% des participants ont commencé le camp d’entraînement mal hydratés. Seuls les membres du groupe INT ont, en réponse au programme d’intervention, amélioré leur niveau d’hydratation, ce qui s’est traduit par une amélioration de leur endurance. Aucune amélioration significative en termes d’hydratation ni de performances n’a été constatée dans le groupe CON.
Intérêt pour la santé
Cette étude a montré qu’un programme d’éducation simple consistant en une conférence sur les thèmes de l’hydratation, l’utilisation de bandelettes urinaires et d’une échelle colorimétrique, une meilleure disponibilité en eau et l’intérêt de se peser avant et après l’activité dans certaines pratiques, est efficace pour améliorer l’hydratation. Nous avons également constaté que le fait d’améliorer l’hydratation par une consommation d’eau à volonté pouvait augmenter les performances des jeunes sportifs dans des conditions de chaleur. De tels programmes d’éducation peuvent être utilisés pour améliorer efficacement l’hydratation et les performances des jeunes dans leur vie active.




